Union personnelle

Le fils unique de Dmitar Zvonimir, Radovan, étant décédé en bas âge, la guerre de succession reprit de plus belle après la mort sans héritier du roi de Croatie. Étienne II, de la dynastie des Trpimirovic, fut alors sorti d’un monastère et monta sur le trône. Mais il ne régna que deux ans sur la Croatie avant de mourir de vieillesse. À sa mort, une partie des Croates se groupe autour de Petar Snacic, une autre partie se groupa autour du souverain narentais Sloviz et une troisième soutint le droit héréditaire de succession de la veuve de Dmitar Zvonimir, Hélène dite “la Belle”, sœur du roi de Hongrie, Ladislas. Il devint évident que Ladislas Ier de Hongrie était le meilleur candidat à la succession, grâce à la forte influence en Pannonie de sa sœur Hélène. Fort de son “droit héréditaire”, Ladislas envahit la Croatie après la mort d’Étienne II en 1091 et occupa rapidement toute la Pannonie, avant de rencontrer en Dalmatie une résistance désorganisée.

Généalogie des souverains hongrois jusqu’en 1116 – dessinée par Andjelko Markulin – Wikipédia

Les seigneurs croates luttèrent pour obtenir l’indépendance par rapport à la Hongrie, et ils élurent un nouveau roi croate: Petar Snacic. Coloman décida, en 1097, d’en finir définitivement avec la Croatie. Dans cette perspective, il mena une armée en Croatie et Petar Snacic, le dernier roi croate de souche, fut battu et tué à la bataille de la montagne de Gvozd. Coloman rappela ses troupes au nord-est pour combattre les Ruthènes et les Coumans en Galicie en 1099. Les nobles croates saisirent cette occasion pour essayer de se libérer des Hongrois. Coloman revint en Croatie et les nobles croates durent accepter le traité connu sous le nom de Pacta Conventa (1102).

Sur la Drave, les représentants des douze principales tribus croates reconnurent Coloman comme roi légitime de Croatie et de Dalmatie. La Croatie fut associée à la couronne de Hongrie par une “union personnelle” grâce à laquelle elle sera gouvernée par un ban (vice-roi), en conservant son Sabor (diète), son armée, les anciens privilèges de la noblesse croate et les statuts des cités dalmates ; en revanche, elle perdit sa flotte et dut au roi de répondre à ses appels aux armes. Ce traité de 1102, dont l’authenticité fut contestée par certains historiens, valut pendant huit siècles comme charte juridique de base dans les relations entre la Croatie et la Hongrie. Coloman de Hongrie fut couronné solennellement comme roi de Croatie et de Dalmatie (1102-1116) dans la ville royale de Biograd sur l’Adriatique.

Remarque: Une union personnelle est une relation entre deux ou plusieurs entités politiques considérées comme des États souverains distincts mais qui, en vertu d’une loi ou d’un contrat, ont la même personne pour chef d’État. En droit, il ne s’agit pas d’une union réelle des territoires. Par exemple, le Luxembourg a eu une union personnelle avec la Bohême (1313 – 1378 et 1383 – 1388) et avec les Pays-Bas (de 1815 à 1890).

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